Sur le fil du compromis, la tentation est grande d’espérer voir les « frais de notaire » disparaître, comme s’ils n’avaient jamais existé. Mais 2025 risque bien de rebattre les cartes, et pas comme on l’imaginait : la note, que beaucoup croyaient inamovible, montre des signes de souplesse. Les pessimistes sont prévenus : la partie n’est pas jouée.
Que se cache-t-il vraiment derrière cette évolution qui bouscule les attentes des acheteurs ? Au-delà des signatures officielles, une mécanique discrète s’enclenche. Les futurs propriétaires peuvent-ils réellement espérer un répit financier, ou devront-ils décrypter les subtilités d’une réforme en mouvement ? Le suspense fiscal reste entier.
Frais de notaire en 2025 : état des lieux et perspectives
Impossible de réduire les frais de notaire 2025 à une simple formalité glissée sur le compromis de vente. Ces frais, redoutés à juste titre, se découpent en plusieurs postes distincts. La plus grande part : les droits de mutation à titre onéreux (DMTO), qui engloutissent près de 80 % du total. À côté, on trouve les émoluments du notaire (environ 15 à 20 %), puis les frais et débours (2 à 10 %) et la contribution de sécurité immobilière versée à l’État.
Le montant des frais de notaire dépend à la fois de la nature et du prix du bien. Sur l’ancien, il faut miser entre 7 et 8 % du prix d’acquisition. Pour du neuf, la facture s’allège, passant entre 2 et 3 %. Le profil de l’acheteur influe aussi : primo-accédant ou secundo-accédant, chaque situation est traitée différemment par la fiscalité locale.
Voici comment se répartissent les principaux postes selon les cas :
- Dans l’ancien, la DMTO reste le principal levier, modulé par chaque département.
- Pour le neuf, la fiscalité reste maîtrisée : les surprises sont rares, sauf exception.
Mais l’année 2025 ne retient pas ses coups : de nombreux départements optent déjà pour une augmentation des DMTO, qui grimpent de 4,5 % à 5 % du prix de vente, sous l’impulsion de la nouvelle loi de finances. Les primo-accédants et les acheteurs dans le neuf, pour l’instant, échappent à cette hausse. Les secundo-accédants et les amateurs de biens anciens voient, en revanche, leur addition s’alourdir.
Le marché s’adapte en temps réel : certains départements appliquent la hausse, d’autres maintiennent des exonérations ou des mesures ciblées. Exemple : l’Allier a déjà instauré des aides spécifiques pour favoriser l’accès à la propriété des nouveaux venus.
Quelles baisses sont réellement envisageables cette année ?
La perspective d’une baisse générale des frais de notaire pour 2025 s’éloigne : dans de nombreux départements, la tendance va plutôt à la hausse. En cause : la loi de finances qui autorise les conseils départementaux à relever les droits de mutation à titre onéreux (DMTO) de 4,5 % à 5 % sur les achats dans l’ancien. Sont principalement concernés : les secundo-accédants et ceux qui investissent dans l’immobilier ancien.
Les primo-accédants et les acquéreurs de logements neufs, eux, sont pour l’instant épargnés. Plusieurs départements, comme l’Allier, maintiennent ou renforcent leurs dispositifs : exonérations partielles, subventions dédiées au premier achat. Leur message : préserver la primo-accession dans un contexte tendu.
Petit point sur les dispositifs départementaux proposés en 2025 :
- Pas de relèvement des DMTO dans le neuf ni pour les primo-accédants.
- Aides ponctuelles ou exonérations selon le choix politique local.
La France se dessine alors en mosaïque : certains territoires montent les DMTO sans sourciller, d’autres cherchent à attirer les acheteurs avec des abattements ciblés. Le vrai poids reste du côté des DMTO, qui fixent près de 80 % de la note : c’est là que tout se joue. Les émoluments du notaire, quant à eux, restent encadrés nationalement et ne devraient pas baisser à brève échéance.
Au final, pas de véritable effondrement à l’horizon, mais des disparités locales, réservées aux primo-accédants et à ceux qui optent pour le neuf, sous réserve de suivre de près les annonces des conseils départementaux.
Les facteurs qui pourraient influencer une diminution des frais
Les frais de notaire sont étroitement liés à la santé du marché immobilier et à la situation financière des départements. Les DMTO, cœur du dispositif, alimentent directement les finances locales. Depuis la suppression progressive de la taxe d’habitation, les départements cherchent de nouvelles ressources. Cette dépendance rend improbable une baisse durable des frais à court terme.
Dans un contexte où les transactions immobilières ralentissent, taux d’intérêt élevés, accès au crédit restreint, les professionnels du secteur, à l’image de la FNAIM présidée par Loïc Cantin, s’inquiètent publiquement : remonter les DMTO, c’est prendre le risque d’un nouveau décrochage du marché… et donc des recettes. Si le nombre de ventes continue de baisser, certains départements devront peut-être revoir leur position.
Trois leviers pourraient toutefois faire bouger les lignes :
- Si le marché immobilier reprend, la question d’une modulation des frais pourrait ressurgir.
- L’extension du prêt à taux zéro (PTZ) pour les primo-accédants pourrait indirectement alléger la facture finale.
- Des dispositifs ciblés, à l’image de ceux de l’Allier, pourraient se multiplier : exonérations partielles ou plafonnements des DMTO pour soutenir l’accession à la propriété.
En définitive, le niveau des frais de notaire dépendra étroitement des arbitrages budgétaires locaux et des mesures nationales pour relancer les ventes. L’année 2025 sera celle des équilibres précaires : chaque département devra jongler entre impératifs politiques, recettes attendues et réalité du marché.
À quoi s’attendre concrètement pour les acheteurs et vendeurs ?
La réforme des frais de notaire 2025 cible principalement l’acquisition dans l’ancien. Les droits de mutation à titre onéreux (DMTO), qui pèsent 80 % du total, vont passer de 4,5 % à 5 % dans la plupart des départements, alourdissant la facture finale. Selon les choix locaux, cette augmentation entrera en vigueur dès le 1er avril ou le 1er juin 2025, au moment de la signature chez le notaire.
Voici comment se répartiront les conséquences pour les acheteurs selon leur situation :
- Les primo-accédants et les acquisitions dans le neuf restent épargnés par la hausse. Certains territoires conservent les taux actuels ou introduisent des exonérations spécifiques.
- Pour les secundo-accédants et les investisseurs, la hausse s’appliquera pleinement.
Côté vendeurs, il faudra composer avec un marché secoué : un afflux de signatures est attendu avant l’application de la réforme, puis un net ralentissement ensuite. Les professionnels du secteur s’attendent à des négociations plus serrées, les marges sur les prix vendeurs risquant de se réduire à vue d’œil.
À Paris, en petite couronne, dans l’Oise ou la Côte-d’Or, la progression des DMTO profitera certainement aux finances départementales, mais pourrait aussi freiner l’élan des transactions, surtout pour les biens familiaux ou les investissements locatifs. Officiellement prévue pour trois ans, cette hausse pourrait s’installer dans la durée si les besoins budgétaires persistent.
Tout se joue désormais à l’échelle locale : entre baisses ponctuelles et relèvements généralisés, chaque acquéreur devra ajuster ses calculs en fonction d’une carte de France mouvante. 2025 s’annonce comme un jeu de stratégie, où les surprises ne manqueront pas, bonnes ou mauvaises.


