Derrière chaque permis de construire, chaque opération de renouvellement urbain ou chaque programme de logements, se joue une partie foncière dont les règles évoluent vite. La revue fonciere .com fait partie des ressources qui documentent ces mutations, à un moment où le cadre fiscal, réglementaire et environnemental redessine la manière dont les collectivités et les opérateurs accèdent au sol. Comprendre les enjeux fonciers, c’est lire ce qui conditionne la faisabilité réelle d’un projet urbain.
Dissociation foncier/bâti : le bail réel solidaire change la donne en projet urbain
Les publications spécialisées sur le foncier, y compris celles référencées sur revue fonciere .com, documentent depuis plusieurs années les outils de maîtrise du sol. Parmi eux, le Bail Réel Solidaire (BRS) s’impose comme un levier d’ingénierie foncière en phase de diffusion rapide depuis 2020.
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Le principe est simple sur le papier : un organisme de foncier solidaire (OFS) conserve la propriété du terrain, tandis que le ménage acquéreur ne paie que le bâti. Cette dissociation foncier/bâti réduit le coût d’acquisition pour les primo-accédants dans les zones tendues.
En pratique, le BRS commence à s’intégrer dans les programmes locaux de l’habitat (PLH) et dans les grandes opérations de renouvellement urbain. Le mécanisme modifie aussi les stratégies de portage foncier des collectivités, qui ne vendent plus le terrain mais le mettent à disposition sur le long terme.
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Pour les professionnels de l’expertise immobilière, cette évolution pose une question concrète : comment évaluer un bien dont le foncier n’appartient pas à l’occupant ? La valeur vénale d’un logement en BRS ne suit pas les mêmes grilles qu’un bien en pleine propriété, et les méthodes d’estimation doivent intégrer la durée résiduelle du bail et les clauses de rachat.
Fiscalité foncière 2025-2026 : ce qui oriente les arbitrages des opérateurs
Les enjeux fonciers ne se comprennent pas sans leur volet fiscal. Plusieurs dispositions récentes modifient directement la rentabilité des opérations et, par conséquent, la pression sur le foncier disponible.
- La prorogation jusqu’en 2027 du déficit foncier majoré pour travaux de rénovation énergétique des passoires thermiques (classes F et G) pousse les opérateurs vers la requalification du bâti existant plutôt que vers l’extension urbaine. Les parcelles déjà construites reprennent de la valeur relative.
- Le durcissement des contraintes sur la location saisonnière et l’extension de l’encadrement des loyers à de nouvelles villes influent sur la valeur de portage foncier dans les quartiers centraux et touristiques.
Ces paramètres fiscaux ne sont pas des détails techniques réservés aux comptables. Ils déterminent quels types de projets sont viables sur un terrain donné, et donc quels terrains attirent les investisseurs.
Sobriété foncière et objectif ZAN : la planification sous contrainte
La revue fonciere .com et les publications académiques sur le foncier documentent abondamment la montée du concept de sobriété foncière. L’objectif de zéro artificialisation nette (ZAN), inscrit dans la trajectoire réglementaire française à horizon 2050, transforme la manière dont les documents d’urbanisme sont élaborés.
L’artificialisation des sols en France a longtemps progressé plus vite que la population. Dans certains départements, la consommation foncière sur une décennie se chiffre en milliers d’hectares, avec une tache urbaine qui s’étend sans lien direct avec la croissance démographique.

Le ZAN impose aux collectivités de diviser par deux leur rythme de consommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers d’ici 2031, avant d’atteindre un solde net nul en 2050. Pour les projets urbains, cela signifie que le foncier disponible en extension devient une ressource rare et contingentée. Les SCoT et PLU doivent désormais justifier chaque ouverture à l’urbanisation par l’absence d’alternative en renouvellement urbain.
Les retours terrain divergent sur ce point : certaines intercommunalités rurales considèrent que l’enveloppe qui leur est attribuée bloque tout développement économique, tandis que les métropoles disposent d’un stock de friches et de dents creuses qui leur offre davantage de marges de manoeuvre. Le ZAN ne produit pas les mêmes effets selon les contextes.
Enjeux fonciers et expertise immobilière : lire le terrain avant le bâtiment
Pour un expert immobilier, la lecture des enjeux fonciers conditionne la pertinence de toute évaluation. Un terrain dont le PLU autorise une densification significative n’a pas la même valeur qu’une parcelle figée en zone AU fermée. Un bien situé dans le périmètre d’un OFS en BRS n’obéit pas aux mêmes logiques de marché qu’un lot classique.
Plusieurs dimensions méritent une attention systématique lors d’une expertise :
- Le zonage du PLU et ses évolutions programmées (modification ou révision en cours), qui peuvent faire basculer la constructibilité d’une parcelle.
- La présence d’un droit de préemption urbain (DPU) ou d’un périmètre d’Établissement public foncier (EPF), qui signale une stratégie d’acquisition publique et modifie les délais de transaction.
- Les servitudes d’utilité publique liées à la pollution des sols, aux risques naturels ou aux protections patrimoniales, qui restreignent l’usage effectif du foncier au-delà de ce que le zonage laisse supposer.
- Le régime fiscal applicable (déficit foncier, dispositif de défiscalisation, BRS), qui influe sur le prix que les acquéreurs sont prêts à payer.
Ces paramètres ne figurent pas toujours dans les documents de vente. L’expertise foncière complète l’expertise bâtiment en révélant des contraintes ou des opportunités invisibles à la seule lecture du cadastre.
Le foncier reste le socle de toute opération immobilière, et ses règles changent plus vite que les bâtiments qu’il porte. La fiscalité qui s’ajuste, le ZAN qui se déploie, le BRS qui se généralise : chaque couche réglementaire ajoutée modifie la valeur du sol et les stratégies de ceux qui le convoitent. Pour les professionnels de l’immobilier, ignorer ces strates revient à évaluer un immeuble sans regarder ce qui se passe sous ses fondations.

